Visibilité (et invisibilité) [Visibility (and invisibility)]

Karen R. Emmerich

Traduction par René Lemieux

Table des matières

Handbook of Translation Studies  Volume 4 (2010), pp. 200–206. Translation: 2016ISSN 2210-4844

© 2016 John Benjamins Publishing Company

La notion d’invisibilité – et, par extension et implication, son contraire, la visibilité – s’est présentée pour la première fois en traductologie dans le livre de Lawrence Venuti, The Translator’s Invisibility: A History of Translation (1995), un véritable pavé jeté dans la mare de la discipline. Venuti a d’ailleurs poursuivi ses réflexions à propos de cette notion dans ses travaux ultérieurs, au point qu’il faut les intégrer à toute discussion sur l’invisibilité. The Translator’s Invisibility explore les mécanismes par lesquels ont été marginalisés ces derniers siècles à la fois les traducteurs, l’activité de la traduction et les traductions comme produits, dans le contexte anglo-américain tout comme dans d’autres contextes culturels. Son livre emblématique caractérise l’invisibilité comme 1) l’invisibilité du traducteur en tant que coproducteur d’un texte, une invisibilité imposée par les pratiques en vigueur dans la commercialisation, la lecture et la critique des traductions, et encouragée par le statut juridique ambigu de la traduction et des traducteurs; 2) l’invisibilité de l’activité du traducteur à l’intérieur du texte de la traduction elle-même, tendant à être écrite en conformité avec l’idée dominante de « fluidité », par laquelle le traducteur, dans un certain sens, participe à son propre effacement; et 3) l’invisibilité de la traduction comme pratique culturelle et les produits de ce processus, compte tenu de la relative rareté des traductions en anglais de la littérature étrangère, que Venuti identifie comme faisant partie d’un « déséquilibre commercial » (15) mondial entre la culture littéraire anglo-américaine et les autres marchés qui traduisent largement à partir de l’anglais. Dans ce livre, comme dans d’autres de ses écrits, Venuti lie l’invisibilité aux stratégies de « domestication » (Domesticating and Foreignization) de la traduction qui obscurcissent à la fois le travail de la traduction et le caractère étranger du texte original.

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Références

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